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L'artisanat savoyard
Les saisons rythment la vie des savoyards. Chaque activité
est dictée non seulement par les contraintes naturelles
et climatiques du pays, mais aussi par le mode de vie lié
à l’élevage. Les symboles savoyards
représentent l’amour, les croyances, les ressources
naturelles et la présence de l’animal. Ils
évoquent la vie pastorale et l’équilibre,
acquis avec le temps, qui régnait entre la nature,
les hommes et les bêtes. Les savoyards éprouvent
un profond respect à l’égard de leur
environnement comme en témoignent les couleurs sardes
: il est usage d’adopter les couleurs et les tonalités
des matériaux de la région pour mieux intégrer
l’habitat à l’environnement.
L’habitat savoyard
Il existe deux sortes de maisons en Savoie :
la maison de bois ou chalet, possède un grand
toit à faible pente couvert d’ardoises
ou de tuiles de bois (ancelles ou tavaillons), un soubassement
de pierre, une façade en pignon, sur laquelle
s’étagent des galeries et une entrée
latérale.
la maison de pierre, de forme rectangulaire, est celle
des basses vallées et de l’avant pays.
Ses murs sont parfois couverts d’un mantelage
de bois. |
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L’habitat savoyard permettait de vivre en autarcie
l’hiver. Il était construit avec les
matériaux de proximité, les arbres des
forêts voisines, les pierres de la montagne,
l’ardoise du pays. Les maisons étaient
construites par tous les habitants du village.
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Ils aidaient à transporter et débiter le
bois ou les pierres, à édifier les murs et
la toiture. Seules les finitions étaient laissées
à la charge de la famille : pose de la couverture,
des fermetures ou du balcon. Ces finitions permettaient
de personnaliser l’habitation. Les balustrades des
loges, galeries ou balcons, sont souvent travaillées
et ajourées, et témoignent d’une étonnante
variété de découpes. Les portes d’entrée
sont elles-aussi gravées et sculptées. Les
linteaux de portes et les poutres ou les consoles des avant-toits
sont gravés, peints, ou sculptés de décoration
diverses : initiales des propriétaires, dates de
construction ou de réfection, symboles divers.
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Les motifs d’aération
des granges, par exemple, permettent d’exprimer
des idées religieuses ou des convictions
politiques. Les croyants traçaient des
cœurs, des colombes ou des croix. Les républicains
préféraient les couleurs du jeu
de cartes ou les figurines profanes. |
Certains motifs étaient composés à
base de svastikas (virgule à moustache ou corne)
inspirés par les voyages des bâtisseurs
du Giffre en Europe centrale.
Soumis aux aléas climatiques, les savoyards ont
une grande tradition religieuse. Les portes d’entrée
des chalets ou des granges sont souvent ornés
d’une croix de protection. Les chapelles d’alpages
sont dédiées à des saints qui protègent
l’alpage et les paysans de la foudre, de l’incendie,
des tempêtes, ou encore de la peste et des épidémies.
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Le mazot, ou grenier, était isolé de l’habitation
pour éviter la propagation du feu en cas d’incendie
et permettait de stocker en toute sécurité
les objets de valeur (costumes, bijoux, papiers, denrées,
etc.).
Les églises savoyardes, quant à elles,
possèdent une particularité architecturale
: les clochers à bulbe. Ces clochers sont le
plus souvent recouverts de tuiles de fer blanc ou de
métal. Cette mode aurait été importée
d’Orient, puis de Russie par l’Europe centrale.
L’influence baroque de l’Europe centrale
est très présente dans la décoration
intérieure de ces églises : retables ouvragés,
tableaux, objets de culte en orfèvrerie, vêtements
sacerdotaux, etc. |
Les meubles et objets en bois
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Pendant les longs hivers rigoureux, les montagnards
en profitent pour fabriquer leurs meubles et des objets
de la vie courante : paniers en osier, outils, ustensiles
de cuisine, objets de décoration, etc.
Faune et flore alimentent de façon considérable
le répertoire décoratif. L’edelweiss,
par exemple, est gravé sur les portes des chalets,
brodé sur les draps, les nappes et les serviettes,
etc. Les savoyards ornent leur mobilier de fleurs,
de paysages alpestres, mais aussi de motifs géométriques,
de rosaces (étoile à six branches),
de rouelles (soleil tournoyant), de cœurs, de
croix, de nœuds de Savoie, etc.
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Ce travail est souvent effectué au couteau Opinel,
ustensile savoyard qui convient parfaitement à toutes
les activités de la maison et qui a acquis une réputation
mondiale puisqu’il figure à New York, au Museum
of Modern Art, parmi les cent plus utiles inventions de
l’humanité.
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Le mobilier savoyard
est dicté par le mode de vie lié à
l’alpage et, s’il est assez sommaire, il
est la preuve cependant d’une grande imagination
créatrice. Certains meubles sont de véritables
chefs-d’œuvre : table-buffet d’alpage,
fauteuil-table, lit clos, buffet d’osier, écuellier,
pétrin, rouet, quenouille, chaises tripodes,
berceau à balancelle et à arceau, coffre
et garde-robe de mariage fermant à clef, etc.
Beaucoup d’ustensiles servent à la fabrication
du fromage ou du pain : seilles, faisselles, moules
à beurre, barattes, pelles pour passer le lait,
pelles à pain, marques de pain, etc. |
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Les ustensiles de cuisine sont eux-aussi souvent en bois :
seau, vaisselle, cuillères et poches
(appelés « argenterie des Bauges), boîtes
à sel, cuvier, grolla (tradition du Val d’Aoste),
etc.
D’autres objets
sont taillés dans le bois et servent souvent
à décorer la maison : cannes, boîtes
diverses, anges sculptés, statues naïves
de saints, diables de Bessans, colombes du Val d’Abondance
(oiseaux porte-bonheur) en lamelles de sapin, etc.
Les paysans fabriquaient aussi en bois une bonne partie
de leur outillage : fléau, hotte, fourche, râteau,
herse, benette ou casse-cou (pour transporter le fumier
ou la terre dans les pentes raides), traîneaux
à bois et à foin, etc. |
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La poterie vernissée
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La poterie vernissée
est devenue le fleuron de l’art populaire savoyard
: jattes, bols d’alpage, plat de mariage, assiettes,
terrines, vases, topins (pots), etc. Cette tradition
est aujourd’hui perpétuée par plusieurs
ateliers : Poterie de Charly, Poterie Hermann, Poterie
d’Aulp, Poterie de Marnaz, etc. A l’origine,
les poteries savoyardes sont de couleur brique ou crème,
constellées de pois. La palette des couleurs
s’est très vite étendue aux verts,
bruns et bleus. Outre le motif des pois et pastilles,
trois autres types de motifs sont répandus :
les oiseaux, les formes géométriques et
les végétaux. |
Les
cloches
Pendues au cou des bêtes l’été
et le long des granges l’hiver, les clochettes,
clarines (en bronze), sonnettes ou sonnailles
(« s’nailles », en acier) sont à
la fois une source de fierté et un signe de richesse
pour les alpagistes. Encore fabriquées de façon
artisanale à Chamonix, elles sont indispensables
pour signaler la position du troupeau et des bêtes
qui se sont égarées. A Thônes, un
bourrelier fabrique encore les magnifiques colliers
pour sonnailles en cuir. |
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Les cloches Paccard résonnent, quant à elles,
sur toute la planète (Liberty Bells aux Etats-Unis,
cloche de la Paix à Hiroshima, la Savoyarde à
Montmartre, etc.). La fonderie Paccard, créée
en 1796, est la plus ancienne et la plus importante fonderie
de cloches de France.
Les costumes – le linge de maison
Le costume masculin savoyard est assez simple, confectionné
dans du gros drap de pays blanc, noir ou brun. Il est composé
d’une veste à boutons de cuivre, d’une
culotte courte, de guêtres ou de bas de laine, d’un
gilet galonné et d’une ceinture. L’homme
porte un chapeau noir, mais aussi, dans certaines communes,
un bonnet dont la pointe retombe sur le côté.
Le costume le plus connu est celui du petit ramoneur, noir
de la tête jusqu’au pied, un foulard rouge autour
du cou et une échelle sur le dos.
Le costume féminin savoyard est très différent
d’une vallée à l’autre. Toutefois,
on retrouve des accessoires identiques dans chaque costume.
Ainsi le châle, appelé mouchoir, est présent
dans la plupart des costumes féminins. Il était
en lainage très fin, en soie ou en velours, le plus
souvent frangé, uni et brodé de motifs de
couleurs, etc. Le tablier, est aussi un élément
récurrent de la toilette : en tissu uni, broché
ou brodé, de lainage fin ou de soie, le tablier était
accompagné d’un large ruban noué autour
de la taille. Chaque vallée a sa coiffe (appelée
aussi béguine). La plus répandue est la coiffe
ronde, blanche ou noire, à fond de linon de soie,
d’organdi ou de tulle brodé. Cette coiffe est
entourée de plusieurs rangées de tulle froncé
ou tuyauté et agrémentée de dentelle,
de nœuds et de rubans, de petites plumes ou de petits
bouquets de fleurs. Certaines femmes portent une coiffe
en forme de bonnet phrygien, d’autres, sur la coiffe
noire, un chapeau de paille aux bords étroits soulignés
d’un galon noir, orné de nœuds, rubans
et perles multicolores. La coiffe savoyarde la plus connue
est celle de haute Tarentaise, dite la frontière.
Elle est formée de trois pointes, une qui descend
sur le front et les deux autres qui enserrent les tempes.
Elle est souvent en velours, garnie de galons d’or
ou de rubans de passementerie.
Les bijoux accompagnaient le costume savoyard féminin.
Croix de Savoie et cœurs étaient offerts à
la fiancée. Cela s’appelait « ferrer
l’épouse » (Chablais) ou « l’enchaîner
» (Talloires). Le terme « esclavage »
(Thônes) désignait la chaîne munie du
cœur et de la croix. On distingue une dizaine de croix
de Savoie différentes. Les plus répandues
sont la croix grille, la croix Jeannette, la croix bâton
et la croix plate.
La garniture de lit était traditionnellement offert
au mariage. Elle était composée de pendants
(rideaux), d’un tour (couvre-lit), d’une couëtre
(couette de plumes), d’une couverture de drap de pays,
d’un chevet (traversin), de coussins et fourres (oreillers
et taies), d’un garde-paille (enveloppe pour la paillasse),
de linceuls (draps) de grosse toile, de serviettes et de
nappes.
Pendant l’hiver, les femmes filaient le chanvre et
la laine, tissaient, tricotaient, faisaient de la broderie,
ou, comme à Tignes, de la dentelle que les hommes
allaient vendre dans les foires. Les draps de Séez
en haute Tarentaise sont réputés pour leur
imperméabilité et leur solidité. Toutes
sortes d’accessoires et de vêtements y sont
désormais déclinés : toiles de tente,
plaids, rideaux, couvertures et gilets de la Compagnie des
guides de Chamonix, etc.
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