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Les traditions gastronomiques
savoyardes
Spécialités culinaires
Les habitants des hautes vallées étaient
très pauvres. Du fait de l’altitude, les légumes
verts, mis à part le chou, étaient rares.
Le cardon, cultivé en vallée, était
un légume cuisiné uniquement les jours de
fêtes. La farine était donc l’aliment
le plus souvent utilisé pour faire la soupe matin
et soir, ainsi que le matafan (crêpe épaisse)
et les bougnettes (beignets). On confectionnait aussi les
taillerins (nouilles) et les crozets (petits cubes à
base de farine de sarrasin ou de froment). Le pain avait
aussi une place très importante dans l’alimentation
journalière. La polente (semoule de maïs), quant
à elle, est entrée dans les habitudes alimentaires
à partir du XVIIIème siècle.
La pomme de terre pousse très bien en montagne.
C’est pourquoi ce tubercule est à la base de
plusieurs spécialités savoyardes qui conviennent
à l’effort physique et au climat rigoureux.
Le repas classique savoyard était souvent composé
de pommes de terre bouillies accompagnant une salade et
une tomme blanche fraîche. Le farcement est un sucré-salé
traditionnel à base de pommes de terre, de lard fumé,
de pruneaux, de raisins ou de poires séchés.
La tartiflette (du patois tartifle qui désigne la
pomme de terre) est une version améliorée
d’un plat de la vallée de Thônes, appelé
péla (poêle). Le gratin savoyard se distingue
du dauphinois par l’apport du bouillon et du fromage
qui remplacent le lait et la crème.
La fondue, plat importé par nos voisins suisses,
n’était pas au menu du savoyard de jadis :
il était trop cher pour le paysan car il fallait
acheter le vin et le gruyère.
La seule viande couramment consommée était
le porc salé : jambon cru, lard, diots (saucisses),
pormoniers (saucisses aux choux, aux bettes ou au herbes),
grelots, etc. Les saucissons d’âne ou de sanglier
étaient aussi très appréciés.
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Les fruits que l’on trouvait dans la région
étaient les pommes, les poires, les prunes,
les noix, les pêches, les cerises, la rhubarbe,
les châtaignes, etc., sans oublier les fruits
sauvages : mûres, framboises, et myrtilles le
plus souvent vendues aux coquetiers.
Les desserts étaient exécutés
essentiellement les jours de fêtes : bugnes,
épogne (tarte en pâte levée garnie
de fruits de saison ou de crème), rissoles
de Noël, gâteau de Savoie, œufs à
la neige, etc.
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Les cuisinières des maisons bourgeoises ou des familles
de l’aristocratie ont fait évoluer la cuisine
savoyarde à partir du XVIIIème siècle
: préparations au fromage, à la viande fraîche
ou de venaison, apprêts de légumes et entremets.
L’art culinaire savoyard a connu son apogée
grâce au développement du tourisme, les hôteliers
mettant en avant les délicieuses ressources locales
: lait des alpages, crème, fromages, poissons de
lac, gibier des montagnes, herbes sauvages, champignons
et fruits des bois. Il faut citer par exemple la brioche
de Saint-Genix, garnie de pralines et parfumée à
l’eau de fleur d’oranger, qui a été
inventée au XIXème siècle par une hôtelière
de Saint-Genix, désireuse d’offrir à
ses clients des goûters qui sortent de l’ordinaire.
Les fromages
Le fromage est la principale richesse des Pays de Savoie.
Trois facteurs expliquent le succès des fromages
savoyards : des pâturages exceptionnels, des vaches
laitières excellentes et un savoir faire ancestral.
La tomme de Savoie reste l’un des principaux éléments
qui composent le repas savoyard. Il existe une infinité
de tommes différentes, se distinguant entre elles
par le cru de lait, la forme, et le goût : tome des
Bauges, tomme du Mont Cenis, tomme de Tarentaise, tomme
d’Abondance, etc.
Dans les fromages à pâte cuite se trouvent
:
l’emmental
fabriqué dans toutes les fruitières de Savoie,
l’abondance,
fabriqué principalement en alpage,
le
beaufort dont la zone de production se limite strictement
au massif du Beaufortain et à la haute Tarentaise
pour avoir droit à l’appellation.
Dans les fromages à pâte pressée, non
cuite, au lait de vache, se trouvent :
le
reblochon, dont la zone de production est délimitée,
autour des Aravis,
le
tamié fabriqué par les trappistes de l’Abbaye
de Tamié.
Le vacherin, quant à lui, est un fromage à
pâte molle et crémeuse, conservé dans
des cercles d’écorce de merisier. Il se fabrique
à la fin de l’automne dans les Bauges et la
région d’Abondance.
Les fromages de chèvre ou de brebis sont aussi nombreux
: tomme de chèvre, chevrotin des Aravis, chevrotin
des Bauges, grattairon, persillé des Aravis, tignard,
etc.
Les douceurs et friandises
Le miel de montagne est un miel riche de toutes les fleurs
des alpages que butinent les abeilles noires. Le miel de
sapin est assez rare car sa fabrication nécessite
la présence d’épicéas (ou de
sapins) et la participation des pucerons. Ceux-ci perforent
les aiguilles pour se nourrir de la sève et produire
le miellat que butinent les abeilles. Mais la présence
des pucerons dépend des conditions climatiques :
sécheresse de fin d’été ou intense
chaleur sans orage de juillet.
Les confitures ou gelées aux fruits des bois (mûres,
framboises, myrtilles) sont des éléments incontournables
pour composer un goûter comme au bon vieux temps.
La confiture de lait, sorte de pâte à tartiner
couleur caramel et parfumée à la vanille,
est aussi très appréciée.
Les chocolatiers ont souvent puisé leur inspiration
dans la nature environnante et les conditions climatiques.
Ainsi le Glaçon fait fondre Megève alors qu’à
Chambéry c’est le Flocon de Alpes qu’on
s’arrache. A Annecy, les Roseaux du Lac et les Cloches
sont très réputés. D’autres chocolats
s’inspirent des alpages et de leurs fromages : Tomettes
des Bauges, Reblochon, Petite tomme de Savoie, etc. Certains
chocolats sont fabriqués depuis plus de cent ans.
C’est le cas de la truffe, qui aurait été
créée en 1895 à Chambéry par
un chocolatier en rupture de chocolat. La confection de
chocolats, mais aussi de bonbons est une tradition qui perdure.
Citons encore les Chardons, les bonbons au miel, les bonbons
fourrés à la framboise ou à la myrtille,
les caramels ronds de la confiserie Mazet, le Sabaudia,
etc.
Les vins et alcools
Les paysans buvaient peu de vin, qui était cher,
mais confectionnait leur propre cidre (bidollion), à
base de pommes et de poires.
Au siècle dernier, de nombreuses brasseries s’étaient
implantées en Savoie. Deux facteurs avaient favorisé
cette implantation : le houblon était cultivé
à Bonneville et l’eau des Alpes était
pure. Aujourd’hui, trois brasseries (Pariat à
Marin, Dolin à Chambéry, Brasserie des Cimes
à Aix-les-Bains) renouent avec ces traditions et
proposent des bières originales : la Cordée,
la bière du Mont Blanc, l’Aiguille Blanche,
etc.
Le vignoble savoyard produit en moyenne 70 % de vins blancs
mousseux ou tranquilles et 30 % de vins rouges. Du fait
de la grande dispersion du vignoble, les cépages
sont assez nombreux, mais, en réalité, un
certain nombre n’existent qu’en très
faible quantité : le pinot et le chardonnay, notamment.
Quatre blancs et deux noirs sont les principaux cépages,
et ce sont ceux qui donnent des vins originaux et spécifiques
: le gamay, la mondeuse, la jacquère, l’altesse,
le bergeron (nom local de la roussane), la molette.
AOC CREPY : récolté sur les communes de Ballaison,
Douvaine, Loisin.
AOC
SEYSSEL : récolté sur les communes de Seyssel
et de Corbonod.
AOC
VIN DE SAVOIE : 59 communes bénéficient de
cette appellation, en Haute-Savoie, Savoie, Isère
et Ain.
AOC
VIN DE SAVOIE suivie d’un nom de cru : Abymes, Apremont,
Arbin, Ayze, Charpignat, Chautagne, Chignin, Chignin-Bergeron,
Cruet, Jongieux, Marignan, Marin, Montmélian, Ripaille,
Ste Marie-d’Allois, St Jeoire-Prieuré, St Jean
de la Porte.
AOC
ROUSETTE DE SAVOIE : Frangy, Marestel, Montherminod, Monthoux.
AOVDQS
VIN DU BUGEY : les vins, rouges et blancs à égalité,
sont assez proches des vins de Savoie. Les rouges utilisent
le pinot, le gamay, la mondeuse et le poulsard.
AOC
ROUSETTE DU BUGEY : cette appellation est réservée
aux blancs d’altesse ou de chardonnay.
VINS
DU PAYS D’ALLOBROGIE : ils regroupent les vins qui,
quoique produits en Savoie, ne bénéficient
pas d’une appellation d’origine contrôlée.
La venue de l’alambic dans les villages était
un événement attendu toute l’année.
Elaborées à partir de fruits, de baies ou
d’herbes aromatiques, les apéritifs, liqueurs
et eaux de vie sont à l’honneur dans la tradition
alpine. Le génépi en est incontestablement
l’emblème. Cette liqueur, à base de
brins de génépi (petite armoise), était
fabriquée autrefois par les montagnards eux-mêmes
qui la distillaient chacun à sa façon. Aujourd’hui,
chaque distillerie possède sa propre recette.
Signalons enfin quelques références incontournables
: Vermouth de Chambéry (Dolin), Marc de Savoie, Gentiane,
Poire de Martigny, bourgeon de sapin et alcools blancs (poire,
prune, sorbier) de la Distillerie de la Dent d’Oche,
Grappas (Val d’Aoste), liqueur Mont Corbier (Saint-Jean
de Maurienne), etc.
Les eaux minérales et les sirops
Les eaux minérales d’Evian et de Thonon-les-Bains
sont réputées pour le traitement des maladies
urinaires, métaboliques, ou digestives. Les eaux
d’Aix-les-Bains sont conseillées pour le traitement
des rhumatismes, des arthrites et des arthroses, ainsi que
la consolidation des fractures.
Les sirops de fruits, qui s’obtiennent par pression
et/ou macération des fruits, sont souvent fabriqués
en parallèle des eaux de vie, comme c’est le
cas pour la maison Dolin à Chambéry. Les sirops
les plus originaux sont ceux à la framboise, au cassis,
ou aux myrtilles.
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